Février 2020, l'heure est au départ

Abeille butinant le pollen sur un noisetier

En février, que ce soit celui de la nature ou celui des ruches, le coup d’envoi de la nouvelle saison est donné. Une fois n’est plus coutume, cette ligne de départ vient encore de gagner 2 à 3 semaines en 2020. Cela n’a échappé à personne, l’hiver dernier fut le plus doux depuis 1900 selon la Chaîne Météo … Et c’est ce que nous avons constaté sur le terrain. Les abeilles n’ont pas cessé d’être actives, de rapporter des pelotes de pollen, et d’aller boire dans les abreuvoirs. C’est le signe qu’elles ont donc maintenu un élevage quasi continu et donc une température élevée. Ce chauffage d’intérieur, très énergivore, est assuré par les abeilles qui doivent consommer d’importantes quantités de provisions. Le risque de famine est renforcé et c’est pourquoi il nous faut un peu plus, chaque hiver, renforcer leur quantité de nourriture.

Abeilles pollen

3 abeilles rapportant du pollen le 14 janvier dernier à Faverges (500m d’altitude).

Cette surconsommation provoque aussi du pillage entre les ruches. Les plus fortes profitent de la faiblesse de certaines ou des essaims pour venir leur voler leurs provisions. Les victimes tentent de se défendre, mais elles sont rapidement submergées par le nombre de pillardes qui finissent par anéantir la colonie pillée. L’un de nos essaims a, lui, été victime d’un rongeur attiré par le garde-manger.

Cadre attaque rongeur

Un cadre entamé par le rongeur.

Les pertes sont donc très importantes en ce début d’année ; entre 20 et 50% selon les ruchers, ceux de la Haute-Savoie étant les plus touchés. La raison principale est une faiblesse des colonies à l’entrée de l’hiver non évidente à détecter, puisque ce sont les colonies populeuses et disposant de provisions qui n’ont pas réussi à passer l’hiver. L’année 2019 ayant été très compliquée, les reines du début d’année se sont épuisées, ont perdu leur capacité de ponte, et n’ont pas su dynamiser correctement leur unité en automne. A contrario, les jeunes reines de fin d’année, avec bien moins de population et de provisions, s’en sont toutes sorties (à l’exception du pillage) !

Aussi, pour éviter de vivre une deuxième année catastrophique au niveau climatique, on a choisi de prendre les devants cette année en déplaçant les ruches. On vous en parle plus bas, mais d’abord …

L’association Confidences d’Abeilles rejoint le réseau 1% for the Planet France

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Nous sommes très fiers de vous l’annoncer puisque c’était un 1er objectif que nous voulions atteindre depuis 1 an. Ce réseau réunit les entreprises qui s’engagent à reverser 1% de leur chiffre d’affaires annuel à des organisations de protection de l’environnement. En savoir plus

Trois des mécènes de l’association sont membres et nous ont apporté un précieux soutien en 2019.

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 Et vous, que faites-vous ? Prendrez-vous votre envol à nos côtés ?

J’y vais !

Que se passe-t-il sur le terrain ?

Abeilles porteuses eau

La mission des abeilles du dessus : apporter de l’eau à la colonie. C’est un travail à plein temps assuré par les abeilles les plus expérimentées. La mission est assez risquée (noyade, courant) et demande une importante dépense d’énergie (poids de l’eau au retour, température plus fraîche). C’est pour cela que nous avons installé une cuve avec un goutte à goutte régulier juste à côté des ruches. Les abeilles se servent de cette eau pour préparer la nourriture des larves. Avec le grand soleil qui brille depuis quelques jours, elles enchaînent les rotations !

De plus, les premières fleurs font leur apparition et il y en a deux que nous voulons mettre en avant parce qu’elles aident les abeilles en ce moment et que vous pourriez aussi les installer dans votre jardin. En effet, les modifications climatiques et environnementales poussent les végétaux à s’adapter pour survivre. La palette des plantes adaptées à nos latitudes est donc en pleine mutation et les paysages que l’on connaît sont à la veille d’une profonde transformation. Il faut en profiter pour améliorer les ressources mellifères dont profite l'ensemble des insectes pollinisateurs. La simplification des paysages, le « nettoyage » des campagnes, les cultures intensives non suivies par des engrais vert, la bétonisation, concourent à cette situation de crise florale.

Voici donc deux végétaux actuellement visités par les abeilles et autres insectes à la recherche de ressources en fin d'hiver.

Noisetier abeille

 Les noisetiers

Intérêt mellifère : floraison milieu/fin hiver, pollen en abondance, profite à divers pollinisateurs.

Autres intérêts : production de fruit, qualité esthétique, rustique, adapté pour la création de haies.

2 variétés : le noisetier de Byzance, qui peut former un arbre de 20m de haut, qui accepte tous les sols, qui supporte le froid et la sécheresse, mais qui produit de petites noisettes. Le noisetier commun, arbrisseau touffu, 4-5m, qui se développe rapidement et produit des noisettes de qualité sur les branches âgées d’un an.

 

Hellebore abeille

L’hellébore

Intérêt mellifère : floraison milieu/fin hiver, première source de nectar, profite à divers pollinisateurs.

L'hellébore fétide pousse en bordure de forêt, en sous-bois et demande 3 ans avant de fleurir. Il est tolérant, persistant, résiste jusqu’à -27°C, et les fleurs apparaissent dès le début février (2020). 

 

 

 

On en profite aussi pour remercier les 90 personnes qui ont proposé leur(s) terrain(s) pour accueillir les ruches d’apiculteurs à la recherche d’emplacements. Au total, cela représente plus d’1,6 million de m2 … Assurément beaucoup de fleurs ! On continue de faire la mise en relation. D'ailleurs, pour les apiculteurs, faites-nous connaitre vos besoins sur api[at]confidencesdabeilles.fr.

En parlant de terrain, on vous raconte pourquoi nous avons choisi de déplacer les ruches à la sortie de « l’hiver ».

Pourquoi ce déplacement ?

L’objectif est d’éviter aux colonies de subir les mêmes caprices du temps que l’an dernier (5 semaines de temps froid en Haute-Savoie, qui avait conduit à la famine de 40% du cheptel). Le mardi 25 février, elles ont donc quitté Faverges pour Aix en Provence, l’Ardèche, ou encore Lyon. Bien nous en a pris puisque 2 jours plus tard, la température chutait de 20 degrés et la neige tombait au sol pour la 1ère fois en Haute-Savoie !

Ruche première neige hiver

Ce fut un peu sport pour en placer certaines, mais elles vont profiter de conditions plus favorables à leur développement en début d’année. Les ressources mellifères ne manquent pas ; romarin, thym, laurier-tin, bruyère, genêt … Il y a de nombreux arbres fruitiers aux alentours qui ont déjà débuté à fleurir pour certain et, sur deux sites, une formidable quantité d’acacias fourniront d’importantes quantités de nectar aux abeilles début mai.

Ruche forêt Boucieu-le-Roi

Pour les transporter, il a d’abord fallu s’assurer de n’emporter des colonies en vie. On a donc profité de la chaude journée du 24 février (21 degrés) pour les inspecter rapidement.

La suite le mois prochain pour vous raconter comment se déroule le transport et la visite de printemps.

L’équipe Confidences d’Abeilles 🌺🐝


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