Mai 2020, le coup de poker

Acacia et abeille

Un acacia en fleurs

Alors que plusieurs journaux annonçaient déjà une belle année pour le miel en avançant (hâtivement et injustement) des explications liées au ralentissement des activités humaines, nous retenions surtout notre souffle ne sachant pas encore ce qu’allait nous réserver le mois de mai. Nous avions misé « gros » sur certains emplacements qui étaient excellents sur le papier, comme en Ardèche. Nous croisions donc les doigts 🤞 pour que la floraison des acacias se déroule dans de bonnes conditions. Forcément, le parcours idéal … Ça n’existe pas. Il ne fallait pas sortir de l’équation les saints de glace, cette période climatologique qui survient les 11, 12, et 13 mai, et qui n’épargne pas la végétation chaque année.

Acacia, es-tu là ?

Temps pluvieux sur le rucher

S’il s’en est fallu de peu pour que nos espoirs soient littéralement douchés par la pluie et le vent qui sont arrivés en milieu/fin de floraison des acacias dans les Monts d’Or et en Isère, ce fut une réelle douche froide en Ardèche. Les ruches étaient pourtant situées sur une colline recouverte d’acacias, mais « les fleurs sont passées trop vite » d’après les apiculteurs locaux. Les pluies, le vent puissant et régulier ont contraint les abeilles à rester confinées (oui, elles aussi !), ont freiné la sécrétion de nectar dans les fleurs, et ont accéléré la défloraison. La dizaine de kilos de miel récoltée sera disponible en ligne d’ici quelques jours en quantité plus que limitée !

Heureusement, au nord de Lyon, nos abeilles ont pu largement profiter des belles grappes blanches qui recouvraient les nombreux acacias présents juste au-dessus des ruches. D’ailleurs, cela crée une ambiance assez particulière lorsque l’on arrive sur le rucher puisque l’on passe sous les acacias en fleur et d’un seul coup, on se trouve au beau milieu d’un sourd et puissant bourdonnement qui vient de la cime des arbres. On croirait presque avoir enfilé un casque audio diffusant le son de plusieurs dizaines de milliers d’abeilles en vol.

Cadre de miel

On a remonté les ruches du Sud pour participer à la fête, elles ne trouvaient plus rien là-bas. Elles ont été d’une efficacité redoutable et, en une semaine, les provisions du corps étaient refaites, la première hausse quasi pleine. Plein d’espoirs, on a donc ajouté une deuxième hausse par-dessus la première. Mais c’était sans compter sur l’arrivée des saints de glace. Patatras ! La dynamique stoppée, les fleurs dévalées, les abeilles confinées. Bref, la seconde hausse n’a pas servi à grand-chose. Lorsque l’on a procédé à la récolte, le 20 mai, on a récupéré uniquement la première qui était plutôt jolie.
On a goûté ce miel. Il est dingue. On espère qu’il en restera un peu une fois que nos parrains auront été servis pour que vous puissiez en profiter 😋.

Pour patienter, celui récolté juste avant la floraison des acacias est encore disponible en pot ou sous forme de miel en rayon : un cru aux saveurs uniques !

Ils ont osé …

Capture d'un essaim d'abeilles

 … s’envoler. Trois essaims (seulement) se sont en effet envolés de nos ruches pour aller fonder de nouvelles colonies. On est content d’avoir une majorité de jeunes reines à la tête des ruches pour limiter ce genre de désertion. Les trois se sont donc accrochés bien haut dans les arbres et seulement deux ont pu être récupérés.

Essaim d'abeilles qui rentre dans la ruchette

Ci-dessus, les abeilles finissent de rentrer dans leur nouveau logis et l’adoption est quasi faite. On attend le couché du soleil pour que les retardataires rejoignent le groupe, puis on positionne la ruchette sur l’emplacement qu’on souhaite sur le rucher. Le lendemain, les abeilles feront un tour de repérage et la maison sera définitivement adoptée.

Vidéo : https://youtu.be/pWbSLblkAGI

Information : Les pièges à essaim ruchette + vieux cadres + spray attire essaim fonctionnent vraiment. On en avait posé plusieurs, deux essaims les ont adoptés tout seuls comme sur la vidéo ci-dessus.

Agir plutôt que de subir

Château de Bourdeau

On l’a dit plus haut, le résultat n’a pas (du tout) été à la hauteur de nos attentes en Ardèche. Seul lot de consolation ; les abeilles sont présentes en grand nombre, la reine est en forme, le corps est complètement développé, et les butineuses n’attendent que de meilleures conditions climatiques pour réussir à amasser massivement du nectar. Il fallait agir. On a donc déplacé les colonies à Bourdeau, au pied du château, et au bord du lac d’Aix-les-Bains.

Abeille sur tilleul

Abeille sur tilleul

Sur place, on compte sur les très nombreux tilleuls et leur impressionnante capacité à produire du nectar pour que les abeilles refassent les provisions stratégiques du corps et remplissent une hausse voire plus. Les ronces sont aussi en train de fleurir et bourdonnent de leurs premières visiteuses. On en saura plus mi-juin 🤞.

Abeille sur ronce

Abeille sur ronce

Petite ombre au tableau dans certaines colonies : la reine n’est pas si en forme que ça. Les signaux faibles identifiés (moins d’abeilles dans la hausse, des constructions en cire qui prennent beaucoup de temps, une ponte pas si importante) se confirment lors d’une inspection plus approfondie du corps de la ruche. On prend la décision de proposer à ces reines une retraite plus tranquille avec pour objectif de développer à petit rythme un nouvel essaim. A leur place, on intronise, du 20 au 22 mai, une jeune et fougueuse reine qui doit venir dynamiser la croissance et le nombre d’individus. Elle prend ses fonctions juste après la période froide et pluvieuse des saints de glace. La dynamique est donc en berne, le challenge est relevé. On a prévu dans les jours qui viennent d’aller vérifier la bonne acceptation de cette nouvelle reine et de constater aussi le début de son travail de ponte. On vous en dit plus le mois prochain 🤓.

L’équipe Confidences d’Abeilles 🌺🐝


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